Troisième journée du FMTL 2018

Deux ateliers de l’axe Féminisme du Forum social mondial

Pour notre premier avant-midi du Forum social mondial, nous voulions aller entendre des femmes brésiliennes. Dans un atelier de l’axe Féministe, l’animatrice a présenté les enjeux dans la vie des femmes au Brésil. La salle était composée de Brésiliennes provenant de partout au pays et de quelques femmes internationales. Tout se passait en portugais avec une traduction chuchotée. L’échange a été dynamique, les femmes prenaient spontanément la parole à partir de leurs expériences.

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Le niveau de violence subie par les femmes au Brésil donne froid dans le dos dont une statistique sur les féminicides. Comme dans toutes les autres sociétés, cette violence quotidienne instituée est une manière puissante de maintenir en place les multiples oppressions subies par les femmes. On a discuté des revendications légales, de l’attitude de la police et des manières concrètes de se protéger pour survivre. Les statistiques officielles (infra) doivent être multipliées par quatre selon l’animatrice.

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Dans un deuxième atelier, le groupe Católicas pelo Direito de Decidir (Catholiques pour le droit de choisir) a ouvert une discussion sur le genre et la religion en lien avec les droits procréatifs des femmes. Les intervenantes ont montré comment la violence faite aux femmes est justifiées par la religion. Elles soutiennent comme principe du catholicisme la liberté de conscience et elles utilisent comme stratégie pour contrer les discours religieux fondamentalistes d’ouvrir les questions à la complexité.

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Il est ressorti clairement que sous la pression de discours religieux conservateurs, on assistait mondialement à une remise en question du droit des femmes à l’avortement. Au Brésil, il y aurait dans ce sens une augmentation du contrôle de la sexualité et des corps des femmes. Une difficulté réside dans le fait qu’il n’y a jamais eu de consensus, dans ce pays, sur la question de l’avortement.

Un atelier du FMTL sur les peuples autochtones

En début de soirée, deux théologiens, Jean-François Roussel et Michel Andraos, ont abordé le défi de décoloniser la penser, l’agir et la théologie. On admet désormais le génocide des peuples autochtones, la perpétuation du colonialisme dans le temps présent et l’immensité de la violence légitimée par le christianisme. Michel Andraos a souligné comment, à Vatican II, l’Église catholique, qui s’était ouverte au monde, n’en avait alors pas encore prise conscience. On n’y dit pas un mot sur le colonialisme. La mémoire des 500 ans de la Conquête des Amériques, en 1992, a initié une remise en question du colonialisme inscrit structurellement dans le christianisme, que nous avons à ce jour à peine commencé à défaire.

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Après les présentations, s’en est suivi un échange en cercle entre les personnes participantes. Il fut profond et marquant. Nous avons discuté entre autres des manières de poursuivre la conscientisation et de développer des stratégies décoloniales. Nous nous sommes quittés avec le sentiment qu’il y a tant à faire!

Élise Couture-Grondin et Denise Couture

Le 14 mars 2018


ÉTUDES D’IMPACT MENÉES PAR LES COMMUNAUTÉS: ALTERNATIVES POUR PRÉVENIR LES DOMMAGES ET RECHERCHER DES RÉPARATIONS EN CAS DE PROJETS D’AFFAIRES

par Ercilia Ferrera, CND.

Nous avons commencé l’atelier et le débat en partageant ce que nous savons sur:

  • les études d’impact environnemental
  • les études d’impact social
  • les études d’impact sur les droits de l’homme

img_3103.jpgLes études d’impact visent à créer une méthodologie d’évaluation axée sur les impacts et ce qu’elle peut générer. Quand nous voyons des projets miniers, hydroélectriques ou autres, nous nous concentrons parfois sur l’impact environnemental et social, et nous ne touchons pas aux Droits de l’Homme, c’est-à-dire que nous ne parlons pas des droits des parties intéressées, ou impliquées dans le processus. Et il est important qu’il y ait un cadre légal, il faut générer un processus et une dynamique au sein des communautés.
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Les droits des communautés touchées doivent être reconnus. Elles peuvent résister aux projets, les arrêter ou empêcher leur réalisation. Aider les communautés à visualiser les impacts, et cela grâce à une méthodologie – (« All of Law » – méthodologie créée au Canada). On doit évaluer les dommages et évaluer en même temps leur réparation, et il existe plusieurs niveaux de réparation: réparation complète, réparation des liens émotionnels, etc. Cette réparation implique un long processus d’écoute des communautés, des personnes affectées et de leur autonomisation, anticipant la mobilisation des communautés et créant une résilience.

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Il est également important de confronter les investisseurs – d’aller vers le secteur privé, d’utiliser des mécanismes de justice, surtout lorsque les informations nécessaires ont été recueillies. Voir les différents impacts générés par ces projets, le bruit, la poussière, la pollution de l’eau, la génération de tremblements de terre, etc. il s’agit d’influencer. Il faut également affronter toutes les difficultés techniques, les politiques, et cela nécessite de la technologie et de l’argent. Nous avons été édifiés par le partage des expériences de réparation au sein de la communauté de Piquiá de Baixo, et la confrontation des investisseurs de l’exploration minière d’or à Puebla, au Mexique.

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